UN OURS DANS LE JURA
- Sly L.

- 24 janv.
- 7 min de lecture
Et si la comédie française osait être glauque ?
On croit connaître Franck Dubosc. Ses films, son humour, ses terrains de jeu. Et puis il y a ces œuvres qui prennent à revers, qui déplacent le curseur et forcent à revoir ses certitudes. Un ours dans le Jura fait partie de celles-là. Une comédie noire qui avance masquée, joue avec le malaise et installe un rire aussi inattendu que légèrement coupable. Derrière la neige, le silence et les choix douteux, se cache un film qui mérite qu’on s’y attarde — à condition d’accepter de ne pas toujours se sentir à l’aise.
Est-ce que la nouvelle comédie de Franck Dubosc à atteint ses objectifs ?
Retrouvez la réponse de la chronique de Sly .
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UN OURS DANS LE JURA
Un film de Franck Dubosc
Année : 2024
Titre anglophone : How to make a killing
Sorti en salle : 01 janvier 2025
Durée : 1h 53min / 103min
Genre(s) : Comédie dramatique, thriller
Scénario : Franck Dubosc, Sarah Kaminsky
Nationalité(s) : Français
Distributeur : Gaumont
Productions : Gaumont, Pour Toi Public Productions, France 2 Cinéma, Umedia
Récompense(s) : ...
Avertissement pour un jeune public
Thématique et sujets abordés | Les émotions |
La banalité du mal, La spirale de la décision, L’absurde comme moteur narratif, Les relations humaines | Rire nerveux, L’angoisse, L'inconfort, La manipulation, L’isolement |
Retrouvez les stars : Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde, Kim Higelin, Joséphine de Meaux, Anne Le Ny
Le synopsis :
Michel et Cathy, un couple usé par le temps et les difficultés financières, ne se parle plus vraiment. Jusqu’au jour où Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. 2 morts et 2 millions en billets usagés dans le coffre, forcément, ça donne envie de se reparler. Et surtout de se taire.
Pour voir ou revoir
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La bande annonce
La chronique de Sly

Un ours dans le jura, de Franck Dubosc - 2024
Franck Dubosc, là où on ne l’attendait pas !
Après le succès mitigé de Rumba la vie (2021) et celui un peu plus populaire Tout le monde debout, inscrits dans des registres bien plus balisé et très humour "Franck Dubosc", on aurait pu l'imaginer continuer à creuser un sillon confortable, un humour franchouillard, ciblé pour son public, mais il choisit au contraire de prendre tout le monde à revers !
L'œuvre, Un ours dans le Jura, est radicalement différente, plus tranchante, plus risquée et infiniment plus stimulante.
Il y a dans ce film, quelque chose de profondément jubilatoire et tantinet dérangeant ! C'est mon ressenti, qui en est fait à la fin du visionnage : cette impression d’assister à une suite d’événements qui n’auraient jamais dû arriver… mais qui s’enchaînent avec une logique et une aisance implacable.
Franck Dubosc avance ici à pas feutrés, un monsieur tout le monde vivant une vie paisible à la montagne, l’air de rien, avant de révéler peu à peu une mécanique narrative redoutable, nourrie par la faiblesse humaine, le hasard mal placé et une propension inquiétante à faire les mauvais choix au pire moment.
Le récit évoque ces thrillers enneigés où le décor n’est jamais innocent. Impossible de ne pas penser à Fargo, des frères Cohen, bien sûr, pour ce mélange de banalité provinciale et de violence absurde surgissant sans prévenir. Mais je pense aussi aussi à Un Plan Simple (A simple Plan) de Sam Raimi, dans cette manière de montrer comment une situation apparemment anodine peut contaminer tout un quotidien. À la différence près qu’ici, le regard est plus sec, plus frontal, et résolument français dans son refus de romantiser ses personnages.
Le Jura, filmé comme un espace clos à ciel ouvert, impose une froideur presque morale. Les paysages figés semblent observer les protagonistes s’enfoncer, sans jugement ni compassion. La mise en scène privilégie l’attente, les silences, les regards qui en disent long, et laisse l’absurde s’installer naturellement, sans surlignage. On est parfois du côté de Burn After Reading réalisé par Joel et Ethan Cohen, pour cette façon de faire naître le rire de l’incompétence et du malentendu, mais avec une tonalité plus sombre, moins "cartoonesque", plus inconfortable.
Les personnages, jamais caricaturaux ni héroïsés, Michel (Franck Dubosc) et Cathy (Laure Calmy) avancent à tâtons, pris dans une spirale qu’ils comprennent trop tard. Les acteurs jouent cette perte de contrôle avec une justesse réjouissante, donnant au film une épaisseur humaine qui renforce chaque situation, même les plus improbables. Les dialogues, souvent laconiques, laissent planer un malaise constant, rappelant que dans ce type de récit, ce qui n’est pas dit est souvent plus dangereux que ce qui l’est.
La présence de Benoit Poelvoorde renforce l'affiche et vous livre ici une performance d’une redoutable efficacité, tout en retenue. Loin de ses excès les plus démonstratifs, il compose un personnage trouble, imprévisible, dont la simple présence suffit à faire basculer une scène. Chaque regard, chaque silence, chaque inflexion laisse planer un doute permanent : on ne sait jamais s’il est sur le point de désamorcer la situation… ou de l’envenimer définitivement. Poelvoorde agit presque comme un accélérateur narratif : quand il entre dans le cadre, le film change imperceptiblement de température. Le ton se durcit, la tension s’épaissit, et le rire devient plus nerveux, plus coupable. Il n’est pas là pour séduire, ni pour faire valoir une performance, mais pour installer un déséquilibre constant, parfaitement en phase avec la logique cruelle du récit.
Sans jamais chercher à choquer gratuitement ni à expliquer ce qu’il faudrait penser, Un ours dans le Jura s’inscrit dans la lignée des comédies noires qui font confiance à l’intelligence du spectateur. Il observe, il expose, puis il laisse faire. Pas de morale appuyée, pas de soulagement artificiel — seulement cette sensation persistante d’avoir ri là où l’on n’était pas sûr d’en avoir le droit.
Tout ce que j'aime !
C’est précisément cette ambiguïté qui donne envie de découvrir le film.
Parce qu’il ne se raconte pas vraiment, il se vit. Et parce qu’il rappelle que, parfois, les histoires les plus sombres commencent toujours par une décision apparemment insignifiante.
Est-ce que la nouvelle comédie de Franck Dubosc à atteint ses objectifs ?
On y est presque, mais la rentabilité n'est pas là !
Sylvain Léon
Le 08 janvier 2026
Une appréciation personnelle de 17/20, Cette comédie noire, aussi grinçante qu’addictive, m’a totalement emporté.
Et si on demandait les avis de Mat et de Zap ?
Zap & Mat ont vu Un ours dans le Jura
Zap — Franchement, je ne m’attendais pas à ça. Je pensais voir une comédie loufoque bourrée de gags facile… et je me suis retrouvé à rire à des moments où je me suis immédiatement demandé si j'étais tout seul !
Mat — C’est exactement le piège. Le film te tend la main, puis il te regarde glisser sans broncher. Et toi, tu rigoles comme un idiot pendant que tout part en vrille.
Zap — Dubosc réalisateur, sérieusement… il avait planqué ça où, ce sens du malaise ?
Mat — Sous la neige, visiblement. Il filme le Jura comme un endroit où les bonnes intentions meurent d’hypothermie. C’est froid, sec, et très méthodique.
Zap — Et Poelvoorde… chaque fois qu’il arrive, j’ai l’impression que la scène va virer au drame. Pas forcément violemment. Juste… mal.
Mat — Parce qu’il ne joue pas le danger. Il joue le type banal qui fait dérailler tout le monde sans hausser la voix. C’est bien écrit !
Zap — Ce que j’aime, c’est que le film ne t’explique jamais quoi penser. Il te laisse seul avec ton rire nerveux.
Mat — Oui. Pas de morale, pas de rédemption, pas de clin d’œil complice. Tu observes des gens faire n’importe quoi, et tu comprends très bien pourquoi ça t’amuse… et pourquoi ça te met mal à l’aise.
Zap — On a très bon thriller à l'humour glissant dans notre vidéothèque, mon cher Mat, et Français qui plus est !
Mat — Exactement. Un film que je prendrais plaisir à revoir.
Zap — Donc on recommande ?
Mat — À ceux qui aiment les films qui grincent, mordent, et te laissent sortir de la salle avec un sourire un peu honteux, carrément !
Zap — Parfait. J’adore quand le cinéma me juge en silence.
La notoriété
Un ours dans le Jura est sorti le 01 janvier 2025 et a cumulé 1 482 761 entrées France.
Un ours dans le Jura a confirmé sa place comme l’une des comédies françaises les plus remarquées de 2025. Après des succès antérieurs dans un registre plus grand public, Franck Dubosc surprend en proposant un film beaucoup plus sombre et audacieux, ce qui a renforcé sa visibilité en tant que réalisateur capable de sortir des sentiers battus.
Au box-office français, le film a connu une très belle carrière :
un démarrage solide, parmi les meilleurs du début d’année
plus d’un million d’entrées, et environ 1,6 million de spectateurs, ce qui est un bon score pour une comédie noire dans le contexte du cinéma français de 2025.
À l’international, le film a été vendu dans plus de 30 pays, ce qui est notable pour une comédie noire française. Cependant, ses recettes hors de France restent modestes, et son succès demeure majoritairement hexagonal.
En résumé :Un ours dans le Jura est un film qui a fonctionné commercialement en France, a attiré l’attention critique et a été exporté dans plusieurs pays, même si sa notoriété à l’étranger reste encore limitée.
IMDB 6.5/10 | ALLOCINE 3.7/5 |
METACRITIC ../10 METASCORE ../100 | SENSCRITIQUE 6.3/10 |
ROTTEN TOMATOES ../5 ..% d'avis positifs | MONDOCINE 3.5/5 |
Résultat au box office :
Budget : 12.1 M€
Recette : 10 M$
Rentabilité : 89%
Ce film figure dans une liste de TOP Comédie Française !

Top comédie Française 2025
Laissez-vous tenter et revenez nous donner votre ressenti juste en dessous ;).



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