GHOST DOG LA VOIE DU SAMOURAÏ
- Sly Leon
- 28 oct. 2013
- 7 min de lecture
Pourquoi voir ce film ?
Avec Ghost Dog, Jim Jarmusch livre une œuvre hybride à mi-chemin entre le film de mafia et le drame philosophique. La performance fascinante de Forest Whitaker, qui incarne un samouraï moderne rongé par ses idéaux, et la bande-son immersive de RZA en font un objet cinématographique inclassable et captivant. L’approche minimaliste du réalisateur et son goût pour l’introspection donnent au film une profondeur qui dépasse le simple récit criminel.
Peut on lui attribuer le statut de film incontournable ?
La réponse dans la chronique...
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GHOST DOG LA VOIE DU SAMOURAÏ
Un film de Jim Jarmusch
Année : 1999
Titre original : Ghost Dog: The Way of the Samurai
Sorti le : 6 octobre 1999
Durée : 1h 56min / 116 min
Genre(s) : Policier, Drame, Thriller
Scénario : Jim Jarmusch
Nationalité(s) : Américain
Société(s) de production : JVC Entertainment Networks, Bac Films, Plywood Productions
Distributeur : Bac Films / Le pacte
Récompense(s) : 1 prix pour 8 nominations (toutes compétitions internationales confondues)
Tous publics
Thématique et sujets abordés | Les émotions |
Loyauté et honneur, L’aliénation et la solitude, Choc des cultures et anachronismes, Éthique et violence, Transmission et héritage culturel | Mélancolie, Fascination, Tension, Émerveillement, Réflexion |
Le Majordome est une œuvre qui invite à ressentir toute la palette des émotions humaines, tout en nous confrontant à des réflexions profondes sur l’histoire et les valeurs fondamentales.
Retrouvez les stars : Forest Whitaker, John Tormey, Cliff Gorman, Victor Argo, Henry Silva, Isaach de Bankolé, Richard Portnow, Tricia Vessey, Damon Whitaker, Frank Minucci, Dennis Liu
Le synopsis :
C'est au milieu des oiseaux, dans une cabane perchée sur le toit d'un immeuble abandonné, que Ghost Dog étudie un ancien texte Samouraï. Ghost Dog est un tueur professionnel qui se fond dans la nuit et se glisse dans la ville. Quand son code moral est trahi par le dysfonctionnement d'une famille mafieuse qui l'emploie de temps à autre, il réagit strictement selon le code Samouraï.
Pour voir ou revoir
>>> Ghost Dog: La voie du Samouraï <<<
La bande annonce
La chronique de Sly

Ghost Dog: La voie du Samouraï, de Jim Jarmusch - 1999
Une œuvre singulière entre tradition et modernité...
Après le magistral Dead Man (1995), Jim Jarmusch poursuit son exploration des marges et des âmes solitaires avec Ghost Dog: La Voie du Samouraï. Ce film atypique rend un double hommage : au cinéma de Jean-Pierre Melville, notamment Le Samouraï (1967) avec Alain Delon, et à l'univers d'Akira Kurosawa, maître du cinéma japonais, dont Rashomon (1952) inspire ici une réflexion sur l'honneur et la subjectivité.
Un film indépendant à la force universelle
Ghost Dog se distingue par une écriture minimaliste mais précise, portée par une mise en scène sobre et efficace. Jarmusch mêle un récit introspectif à une ambiance musicale envoûtante. Le "beat groovy" du RZA, membre fondateur du Wu-Tang Clan, donne au film une cadence unique, fusionnant hip-hop et spiritualité ancestrale. L’univers sonore sublime cette histoire, créant une atmosphère à la fois intemporelle et profondément ancrée dans la culture urbaine américaine.
Un personnage captivant, un univers intrigant
Ghost Dog, interprété par un Forest Whitaker magistral, est un samouraï des temps modernes. Perché dans une cabane sur un toit, accompagné de ses pigeons voyageurs, il suit à la lettre les préceptes du Hagakure, le code des samouraïs, tout en vivant dans un monde gangrené par la corruption. Loin d'être un simple tueur à gages, il est un homme en quête de sens, un justicier solitaire façonné par des traditions ancestrales qu'il s’efforce de préserver dans un environnement hostile.
L’une des forces du film réside dans sa capacité à intriguer. Comment cet homme taciturne en est-il arrivé là ? Comment s’est-il approprié les codes du bushido, si éloignés de son milieu ? Ces questions, plutôt que d’être explicitement résolues, laissent place à l’imagination du spectateur, renforçant le mystère du personnage.
Des moments mémorables et des réflexions philosophiques
Le film offre des scènes à la fois touchantes et drôles. La relation improbable entre Ghost Dog et Raymond, le vendeur de glaces qui ne parle qu’un dialecte africain incompréhensible, symbolise la beauté des connexions humaines au-delà des mots. Leurs échanges absurdes mais sincères illustrent une forme d’amitié universelle, transcendant les barrières culturelles et linguistiques.
Au-delà de ses moments d’humour, le film s’imprègne de réflexions profondes sur l'honneur, la loyauté, et la solitude. Les maximes du Hagakure, récitées en voix off, ponctuent le récit et interrogent la place des principes dans un monde dénué de morale. Le film invite à se questionner : que reste-t-il de l’honneur et de la fidélité dans une société moderne ? Peut-on trouver sa voie en marge des conventions ?
Un hommage sincère mais parfois limité
Malgré ses grandes qualités, Ghost Dog souffre de quelques limites.
L'intrigue, bien que captivante, suit une trajectoire prévisible, et certaines interactions, notamment avec les présidents vieillissants de la mafia, tendent vers la caricature. Si l'humour adoucit ces moments, ils peuvent diluer légèrement l'impact émotionnel global.
De plus, le rythme, délibérément lent, pourrait rebuter les spectateurs peu habitués à ce style contemplatif. L’académisme de certaines scènes contraste parfois avec la liberté formelle propre à Jarmusch, rendant le film moins percutant qu'il aurait pu être.
Un Forest Whitaker impérial !
Forest Whitaker livre ici une performance inoubliable, tout en retenue et en intensité. Son jeu donne à Ghost Dog une humanité poignante, à mi-chemin entre le guerrier stoïque et l’homme blessé par son passé. Déjà remarqué dans des œuvres comme Bird (1988) de Clint Eastwood ou L’étoile de Harlem (1996) d' Eriq La Salle, Whitaker prouve une fois de plus l’étendue de son talent. L'acteur est impérial dans cette performance et c'est un réel plaisir de le revoir...
Une quête intemporelle sublimée par Jim Jarmusch
Dans sa simplicité apparente, Ghost Dog: La Voie du Samouraï est une œuvre profondément méditative. Jim Jarmusch y explore des thématiques universelles – l’identité, la fidélité aux principes, et l’adaptation dans un monde en perpétuel changement – tout en célébrant les marges et les invisibles.
Si vous cherchez un film qui transcende les genres, où le hip-hop rencontre le bushido et où l’humain se dévoile dans sa complexité, ne cherchez plus !
Entre modernité et tradition, humour et mélancolie, ce film demeure une œuvre à part, une invitation à réfléchir sur nos propres codes de conduite et notre place dans le monde.
On peut légitimement considérer Ghost Dog : La Voie du Samouraï comme un film incontournable, mais dans une catégorie bien spécifique : celle des œuvres cultes et hybrides.
Ghost Dog : La Voie du Samouraï est ravira les amateurs de cinéma d’auteur, les passionnés de récits atypiques, et ceux qui cherchent des œuvres mêlant action et réflexion.
Pour le grand public, son statut est peut-être moins évident, mais il reste une pépite à découvrir pour qui est prêt à sortir des sentiers battus.
Sylvain Léon
Le 28 Octobre 2013
Une appréciation personnelle de 16/20, Forrest Whitaker est incroyable !
Les avis de Zap & Mat
Zap & Mat n'ont vraiment pas l'air d'accord !
Zap, Mat, que se passe t il ?

Zap
Ah mais c’est tout ce que j’aime ! Ghost Dog, c’est un ovni cinématographique : un gars qui vit comme un samouraï dans un monde de gangsters mafieux à moitié à la retraite. Franchement, voir Forest Whitaker avec son calme olympien, ça m’a donné envie de méditer et d’adopter des pigeons ! Et cette BO par RZA… Mais quelle claque ! C’est comme si le Wu-Tang avait infiltré un vieux film de samouraïs, un mélange improbable mais tellement stylé. Sérieusement, ça groove, ça philosophe, et ça flingue. Que demande le peuple ? Ce film est une pure vibe, un bijou pour tous ceux qui aiment les œuvres hors normes !
Mat
Alors oui, c’est conceptuel, mais moi, je reste sceptique. L’idée d’un samouraï des temps modernes, pourquoi pas. Mais un samouraï avec des pigeons ? Sérieusement ? Et puis, les mafieux du film… on dirait qu’ils sortent d’une parodie. Où est la tension, où est le danger ? Ok, Whitaker est impressionnant, je te l’accorde, et la BO est cool – mais est-ce que ça suffit pour en faire un grand film ? Pas pour moi. Jarmusch a voulu faire une œuvre qui médite sur l’honneur et la solitude, mais je trouve qu’on survole ces thèmes. Par moments, ça manque de mordant. Bref, c’est sympa pour une soirée curieuse, mais pas de quoi révolutionner ma vision du cinéma.

Zap
Mais tu ne comprends rien, Mat. Ghost Dog, c’est un état d’esprit, pas un thriller ! Jarmusch nous fait un poème visuel, pas une chasse à l’homme classique. Ce n’est pas John Wick, c’est haïku avec flingues. Tu veux toujours que ça explose partout, mais parfois, il faut juste apprécier la beauté d’une cabane sur un toit et des maximes de samouraïs, tu vois ?
Mat
Ah oui, c’est sûr, un haïku avec des pigeons, ça va révolutionner ma vie. Tu devrais peut-être en écrire un, tiens : ‘Un samouraï seul / Envoie un pigeon volant / Mais pourquoi, bon sang ?’.

Zap
Tu plaisantes, mais tu l’as vu, tu t’en souviens, et t’en parles. Mission accomplie pour Jarmusch, mon gars !
La notoriété
Ghost Dog : La Voie du Samouraï est sorti le 06 octobre 1999 et a cumulé 584 787 entrées en France.
Bien que discret à sa sortie, Ghost Dog a gagné en estime au fil des ans, devenant un classique culte pour les amateurs de cinéma contemplatif. Il est souvent salué pour son mélange réussi de genres, son approche philosophique et son esthétique unique.
IMDB 7.5/10 | ALLOCINE 3.7/5 |
METACRITIC 7.6/10 METASCORE de 68/100 | SENSCRITIQUE 7.4/10 |
ROTTEN TOMATOES 4/5 79% d'avis positifs | CINETRAFIC 3.7/5 |
Résultat au box office
Budget : ? M$
Recette : 9.3 M$
Rentabilité : ? %
Présent dans plusieurs TOP Listes !

TOP Film dramatique US 1999
Film Culte
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Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967) : Un autre film sur un assassin solitaire, imprégné de silence et d’un code d’honneur rigide.
Ghost in the Shell (Mamoru Oshii, 1995) : Même si c’est un anime, le film partage des thèmes de solitude et de recherche identitaire dans un monde désenchanté.
Dead Man (Jim Jarmusch, 1995) : Une autre exploration poétique et philosophique du voyage et de la transformation intérieure.
John Wick (Chad Stahelski, 2014) : Pour une version plus action mais tout aussi codifiée d’un assassin suivant un code d’honneur.
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