AD ASTRA
- Sly Leon
- 24 sept. 2019
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 août 2024
Ad Astra a démarré très fort grâce aux nombreuses critiques presses qui étaient dithyrambiques. James Gray est un réalisateur attendu, donc par défaut, Ad Astra avait une cote favorable avant sa sortie. Après 8 jours et 425 copies distribuées dans les salles, le cumul s'élève déjà à plus 400 000 entrées vendues.
Les premières critiques des spectateurs semblent moins convaincantes, la deuxième semaine et surtout le deuxième week-end de projection en diront un peu plus sur les effets du bouche-à-oreille.
Qu'en est-il réellement de ce film ?

AD ASTRA
Un film de James Gray
Année : 2019
Sorti le : 18 septembre 2019
Durée : 2h04min / 124min
Genre(s) : Science-fiction, Drame
Scénario : James Gray, Ethan Gross
Nationalité : Américain
Sociétés de production : Plan B Entertainment, Regency Enterprises, 20th Century Fox, Polybona Films
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Le site officiel : Ad Astra
Récompense(s) : 13 prix et 74 nominations
Tous publics
Thématique et sujets abordés | Les émotions |
Exploration Spatiale, Humanité, Responsabilité, Sacrifice, Existentialisme, Quête de Sens, Relation Père-Fils, Solitude et Isolement | Mélancolie, Tristesse, Tension, Suspense, Introspection, Contemplation, Espoir, Désespoir, Émerveillement, Fascination |
Résultat au Box-Office :
Budget : 87.5 M$
Recette : 133 M$
Rentabilité : 152%
Retrouvez les stars : Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler, Donald Sutherland, Jamie Kenedy, Kimberly Elise, Ravi Kapoor
Le synopsis
L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l'existence humaine, et notre place dans l'univers.
Pour voir ou revoir :
>>> AD ASTRA <<<
La bande annonce
La chronique de Sly

| Copyright Twentieth Century Fox France (2019)
Ad Astra, de James Gray - 2019
ATTENTION SPOIL ALERT !
Ne lisez cet avis que, si vous avez vu le film.
Une œuvre plus intimiste que prévu !
James Gray nous démontre une fois de plus, tout son talent, dans un genre qu'il n'avait pas encore exploré. Il le fait, de bien belle manière, en traitant à la fois, d'un sujet sociale qui peut tous nous toucher psychologiquement et, de toutes évidences, en abordant les questions métaphysiques de notre existence et de notre place dans l'univers. Le tout, avec un regard totalement subjectif sur notre évolution dans un futur proche.
Ad Astra, c'est un long voyage interplanétaire avec pour objectif d’obtenir des réponses face aux dites questions que se pose l'Homme, mais aussi aux interrogations de son héros principal Roy McBride, campé par un Brad Pitt généreux, qui porte le film à bout de bras, par la force des choses, je m'explique...
J.Gray nous offre un film vertigineux dès les premières minutes. L'intensité de cette première scène capte le spectateur assez rapidement, même si quelques doutes subsistent quant à sa chute libre et à son entrée dans l'atmosphère... Bon admettons (Futur proche = nouvelles technologies = nouvelle combinaison) et vu l’immensité de cette station dont la base est sur la Terre, c'est "explicable", bref, c'est du cinéma !
Le vrai "problème" de ce long métrage, si on peut appeler ça un problème d'ailleurs, puisque ça va être le fil conducteur d'Ad Astra, c'est la gestion de la solitude de Roy McBride face à la nouvelle fatidique de ses supérieurs et de la mission qu'ils vont lui confier.
Une nouvelle qui est censée le bouleverser, ce qui est à peine perceptible, mais rien d'anormal, puisque toutes émotions négatives l'empêcheraient de l'accomplir. Roy McBride est connu et reconnu pour son flegme, sa force tranquille, sa maîtrise de soi. Il contrôle très régulièrement, grâce à une puce, son état de santé mental et physique. Et croyez le ou non, l'astronaute du futur à un rythme cardiaque qui ne vacille jamais. Pourtant, cette sensation de solitude est bien là, on la ressent, un ressenti renforcé par la "voix off" sur ses réflexions et ses pensées, ce qui rend le long métrage plus "lourd", voire moins captivant.
La première question que je me suis posé, "faut-il s'attendre à de longs monologues interminables qui risqueraient de plomber le film ?
Alors, rassurez-vous, ce n'est pas le cas, enfin, c'est loin d'être insurmontable. Mais, c'est à ce moment là que j'ai compris qu'Ad Astra allait à l'encontre de mes attentes et que cette mission, mais surtout l'aspect psychologique du personnage, ses doutes, ses choix, son envie d'aller au bout pour avoir les réponses à ses questions, allaient prendre le dessus sur ce qui aurait dû être inévitablement, un véritable sujet de science fiction.
Le pitch l'annonçait, c'est vrai ! À la recherche d'un père disparu, certes, mais une question existentielle est aussi présente ; il faut résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète, l’existence humaine et notre place dans l'univers. Je cherche encore le développement de cette partie... Elle l'est, mais bien trop peu à mon goût !
En effet, James Gray s'est appuyé essentiellement sur l'absence du père et la douleur qu'elle peut provoquer sur le moral, le mental ou sur les sentiments qu'un fils éprouve pour son père, et ce, au détriment d'un sujet plus sérieux.
Outre les merveilleuses images de notre terre vue du ciel, vues et revues notamment grâce à Gravity d'Alfonso Cuarón (2013), ou plus récemment, Life, origine inconnue de Daniel Espinosa (2017), il y a trop peu de réelles innovations, à part, les transferts en fusée de planète en planète (organisés par des compagnies interplanétaires et où << Monsieur-tout-le-monde >> peut décider de voyager), hormis la sortie sur la lune en "Buggy lunaire", ou encore l'amarrage à une station spatiale en détresse, offrant au passage quelques scènes intenses et le spectacle tant attendu, à part tout ça, il n'y a pas grand chose d'autre à se mettre devant les mirettes...
[ ATTENTION SPOIL ]
Tommy Lee Jones, malgré son charisme et son expérience, ne peut en aucun cas offrir plus, étant donné le temps passé à l'écran. Il apparaît tourmenté, fatigué, voire épuisé... il est confronté à ses choix lui aussi, ce qui offre la séquence émotion du long métrage.
Mais, parce que forcément, il y a un "mais". Ne trouvez vous pas qu'il y a un problème d'ordre physiologique ?
N'aurait-il pas dû, devenir complètement fou, ou déboussolé ?
Depuis combien de temps est-il parti déjà ? "<< Je ne m'en souvient même plus >>.
J'ai comme l'impression qu'il y a des incohérences sur le temps des voyages et le comportement des personnages, aucun effet sur leur physique ou leur façon de réagir...
Difficile aussi de s'identifier et de comprendre le personnage de Donald Sutherland, qui incarne avec beaucoup de justesse le Colonel Tom Pruit.
Est-ce une fausse piste mal exploitée ? Que fait-il là au juste ?
On comprend qu'il y a un lien avec le père de Roy, qu'il est là par obligation mandaté par l'organisation, mais pourquoi ne pas avoir développé ce personnage jusqu'au bout et offrir autre chose que ce dénouement bidon ?
Cherchez pas, c'est la même rengaine avec Ruth Negga, brillante actrice, le ton juste, une belle présence, mais aucune surprise dans son interprétation d'Helen Lantos, parce que rien, rien ne nous permet de nous attacher à un autre personnage que Roy McBride... [ FIN DU SPOIL ]
Voilà pourquoi je vous annonce un peu plus haut que Brad Pitt porte le film à bout de bras.
Tout, absolument tout repose sur sa performance. Son personnage, Roy McBride, est le seul sur lequel on peut compter pour ne pas décrocher. On ne peut pas dire que James Gray lui ai fait un cadeau, ce qui rend son interprétation encore plus belle et honorable.
Beaucoup de silence laisse place au contemplatif, et la mise en scène est en grande partie mise en lumière grâce à la bande son signée, Max Richter (Marie Stuart, Reine d'Ecosse, 2018, Undercover - une histoire vraie, 2018). En effet, elle accompagne admirablement les plans visuels et accentue aisément les moments les plus intenses, comme pour Gravity qui avait pourtant reçu un meilleur accueil du public.
Alors attention, autant vous le dire tout de suite, si vous n'avez pas aimé Gravity, ça risque d'être compliqué, même si ça bouge un peu plus et que l'histoire est touchante ! Ad Astra reste très lent dans son déroulement.
Ad Astra est un beau film, tout en émotion et en réflexion philosophique, une œuvre plus intimiste que prévu, mais de là, à le comparer à 2001, l'Odyssée de l'Espace de Stanley Kubrick ou Solaris d'Andreï Tarkovski, pour le moment, il y a de la marge.
Seul un avenir proche nous dira, si Ad Astra sera de cette trempe là ! -
Sylvain Léon
Le 24 septembre 2019
Une appréciation personnelle et une note généreuse de 13/20. Ça se regarde, mais attention ne vous endormez pas !
Et si on demandait les avis de Mat et de Zap ?
Mat, tu veux bien nous en dire un peu plus sur AD Astra ?
Oui, avec plaisir...

AD Astra, beaucoup de bruit, pour un film plat !
Ad Astra est un film de science-fiction unique qui se distingue par son approche introspective et son exploration des thèmes universels de l'humanité et de la solitude.
Brad Pitt livre une performance subtile et introspective, incarnant un homme en quête de réponses dans l'immensité de l'espace. Le film est visuellement spectaculaire, avec des effets spéciaux et une cinématographie qui capturent à la fois la beauté et l'isolement de l'espace. Loin des clichés habituels du genre, Ad Astra est une œuvre méditative qui invite à la réflexion, à la fois sur les relations familiales et sur la place de l'homme dans l'univers. C’est un film qui, malgré son rythme lent, captive par sa profondeur émotionnelle et sa dimension philosophique.
Mat.
Ok, et toi Zap, tu veux ajouter quelque chose ?
Bien sûr !

Ad Astra ne plaira pas à tout le monde. Le rythme proposé est effectivement très lent et James Gray a très largement insisté sur des images contemplatives pour, peut-être, combler un manque d'action considérable.
La volonté était de se concentrer sur les émotions intérieures de son personnage principal, et comme le dit notre chroniqueur du jour, c'est très certainement le manque de personnages auquel le spectateur pourrait s'identifier qui rendra difficile la lecture et la compréhension de l'œuvre.
Surtout que, Ad Astra repose essentiellement et lourdement sur des thématiques philosophiques, donnant l'impression que l'œuvre est froide et insignifiante pour les moins assidus.
À mon avis Ad Astra, ne restera pas gravé dans la mémoire des spectateurs, à la lecture des nombreuses critiques négatives.
Il n'est pas mauvais pour autant, mais on s'attend à autre chose qu'une simple chasse, à la figure paternel, pour comprendre les effets d'une longue absence...
L'histoire est belle mais ce n'est pas ce que nous attendions d'Ad Astra.
Zap
La notoriété
Ad Astra est sorti le 18 septembre 2019 et a cumulé 1 039 973 entrées en France.
IMDB 6.5/10 | ALLOCINE 3/5 |
METACRITIC 5.9/10 | SENSCRITIQUE 6.9/10 |
ROTTEN TOMATOES 2.84/5 83% d'avis positifs | CINETRAFIC 3.5/5 |
Ce film ne figure dans aucun TOP ni FLOP
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