TRIPLE FRONTIERE
- Sly Leon
- 15 déc. 2024
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 déc. 2024
Découvrez pourquoi JC Chandor a reçu des critiques mitigées pour son film Triple Frontière... Malgré son casting cinq étoiles, le thriller d'action peine à transcender dans l'action...
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TRIPLE FRONTIERE
Un film de J.C. Chandor
Année : 2019
Titre original : Triple Frontier
Sorti le : 10 avril 2020 sur NETFLIX
Durée : 2h 02min / 122 min
Genre(s) : Action, Aventure, Thriller
Scénario : J.C. Chandor, Mark Boal
Nationalité(s) : Américain
Société(s) de production : Atlas Entertainment
Netflix
Distributeur : Netflix
Récompense(s) : 3 nominations (toutes compétitions internationales confondus)
Interdit aux moins de 12 ans
Thématique et sujets abordés | Les émotions |
La désillusion post-militaire, La cupidité et ses conséquences, Les dilemmes moraux, La nature humaine sous pression | Frustration, Tension intermittente, Empathie incomplète, Mélancolie |
Retrouvez les stars :
Ben Affleck : Tom "Redfly" Davis
Oscar Isaac : Santiago "Pope" Garcia
Charlie Hunnam : William "Ironhead" Miller
Garrett Hedlund : Ben Miller
Pedro Pascal : Francisco "Catfish" Morales
Adria Arjona : Yovanna
Sheila Vand : Lauren Yates
Reynaldo Gallegos : Gabriel Martin Lorea
Le synopsis :
D'anciens soldats des forces spéciales peinant à joindre les deux bouts se réunissent pour préparer un coup risqué : piller un baron de la drogue sud-américain.
Pour voir ou revoir
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La bande annonce
L'analyse de Sly

Triple Frontière, de J.C. Chandor - 2019
ATTENTION SPOIL ALERT !
Si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas ce qui suit...
La promesse d'une bande annonce alléchante pour un atterrissage catastrophe !
J.C. Chandor avait toutes les cartes en main pour livrer un thriller d’action mémorable : un casting de haut vol, des décors exotiques et une intrigue propice à la tension et aux dilemmes moraux. Ce n’était pas une première pour le réalisateur, qui avait déjà démontré sa capacité à explorer les failles humaines dans des contextes intenses et variés. Son premier long-métrage, Margin Call (2011), était un huis clos brillant plongeant dans les coulisses d’une crise financière, récompensé pour son écriture ciselée. Puis, avec All Is Lost (2013), Chandor s’attaquait à un défi audacieux : un film presque sans dialogue, porté par la performance magistrale de Robert Redford, où la survie devenait une allégorie de la résilience humaine. Enfin, A Most Violent Year (2014) dévoilait un portrait fascinant de l’ambition et des compromis moraux dans l’Amérique des années 1980, confirmant son talent pour mêler drame psychologique et tension palpable.
Cependant, avec Triple Frontière, Chandor semble s’éloigner de son style habituel, marqué par une finesse narrative et une exploration des nuances morales. Si ses précédents films se distinguaient par leur capacité à maintenir une tension constante tout en creusant la psychologie de leurs personnages, ce thriller d’action souffre d’un traitement plus superficiel. Là où Margin Call ou A Most Violent Year excellaient dans l’équilibre entre les personnages et l’intrigue, Triple Frontière ne parvient pas à marier efficacement ses ambitions narratives avec son envie de faire dans le spectaculaire.
Ce changement de cap peut être vu comme une tentative de diversifier son registre, mais il met aussi en lumière les défis auxquels Chandor s’est confronté en s’aventurant dans un genre où les attentes en matière d’intensité et de cohérence sont particulièrement élevées. Entre les scènes mal pensées et une exécution inégale, le film, bien qu’agréable par moments, peine à s’imposer dans la cour des grands thrillers contemporains.
Une intrigue prometteuse mais sabordée.
Sur le papier, l’idée de suivre d’anciens soldats d’élite se lançant dans une mission à haut risque pour dérober la fortune d’un baron de la drogue semblait prometteuse. Pourtant, la manière dont cette intrigue est développée manque cruellement de crédibilité et de profondeur.
Prenons l'exemple du repérage de la maison, censée être une "forteresse" imprenable. Au lieu d’un environnement soigneusement surveillé, digne d’un baron de la drogue apparemment richissime, le lieu est incroyablement vulnérable.
Ce dernier quitte les lieux pendant des heures, laissant ses hommes livrés à eux-mêmes. L'équipe de mercenaires entre sur le domaine avec une facilité déconcertante, déjouant une sécurité réduite à son strict minimum.
Là où le spectateur aurait pu s’attendre à une montée en tension, en puissance dans l'action, ou à des pièges ingénieux, le film livre une séquence dénuée de suspense, réduisant une étape cruciale du récit à une simple formalité.
Des instants de tension noyés dans des longueurs...
Malgré ses lacunes, Triple Frontière propose quelques séquences d’action mémorables. La fuite du manoir, avec ses échanges de tirs au cœur de la forêt, instaure une tension palpable, tandis que la scène en hélicoptère, jouant sur la fragilité mécanique et le danger constant, capte véritablement l’attention.
Cependant, ces rares moments de bravoure peinent à masquer les longueurs qui alourdissent le récit. Entre deux affrontements, l’intrigue s’étire dans des dialogues sans relief, comme ceux explorant les motivations des personnages, mais sans jamais vraiment les approfondir. Les longues traversées de la jungle, notamment lorsqu’ils transportent laborieusement l’argent à dos de mulet, finissent par lasser en répétant des enjeux déjà établis sans réelle progression.
Quant aux scènes de planification, comme celle où l’équipe débat de leur itinéraire à travers les montagnes, elles manquent de crédibilité et semblent davantage là pour étirer l’intrigue que pour renforcer la tension. Ces passages, pourtant conçus pour préparer une action imminente, retombent souvent à plat, à l’image de la marche lente dans les montagnes, où les querelles internes éclipsent le danger extérieur. Ce déséquilibre transforme ce qui aurait pu être une montée en puissance en une série de moments inégaux, laissant une impression de frustration plutôt que de suspense maîtrisé.
Une réalisation qui manque de précision
Visuellement, Triple Frontière impressionne par ses paysages grandioses et son esthétique léchée. La jungle sud-américaine est filmée avec un sens aigu de l’immersion, et certaines scènes, comme la descente vertigineuse d’un ravin avec des sacs de billets, capturent l’attention par leur intensité brute. Mais ces moments ne suffisent pas à masquer une narration qui s’essouffle.
La mise en scène, pourtant prometteuse dans les premiers actes, perd de sa vigueur à mesure que le film avance.
Un grand casting, mais des personnages sous-exploités
Le casting est impressionnant : Ben Affleck, Oscar Isaac, Charlie Hunnam et Garrett Hedlund incarnent une équipe prometteuse. Si chacun livre une performance solide, leurs personnages restent prisonniers d’une écriture qui manque de profondeur. Par exemple, Tom "Redfly" Davis (Ben Affleck), présenté comme un ancien leader tactique en proie à des difficultés financières et personnelles, aurait pu être un personnage poignant. Pourtant, le film ne développe que superficiellement son désespoir ou son obsession croissante pour l’argent, transformant ce qui aurait pu être une chute tragique en un simple ressort narratif.
De même, Santiago "Pope" Garcia (Oscar Isaac), qui initie la mission, est censé être animé par un mélange de culpabilité et d’ambition. Mais au lieu d’explorer sa relation avec les informateurs locaux ou ses véritables motivations, le récit survole ses enjeux personnels, limitant son rôle à celui de l’organisateur pragmatique. Les autres membres, William (Charlie Hunnam) et Ben Miller (Garrett Hedlund), n’échappent pas non plus à ce traitement. Leurs luttes post-militaires et leurs liens fraternels, qui auraient pu offrir des moments intenses, ne sont qu’effleurés dans quelques dialogues sans réel impact.
Le film aborde des thèmes prometteurs, comme la désillusion des vétérans ou la frontière morale entre survie et cupidité, mais il ne va jamais assez loin. On pourrait s’attendre à des dilemmes complexes, comme la question : est-il acceptable de voler des criminels pour garantir son avenir ? Pourtant, ces réflexions sont à peine esquissées. Pire encore, les tensions internes, comme les conflits autour des décisions de Redfly ou les remords de Pope, qui pourraient renforcer le suspense, sont trop vite résolues, privant le film d’une véritable intensité dramatique.
Verdict : une mayonnaise qui ne prend pas
Triple Frontière avait les moyens de s’imposer comme un thriller honorable, mais son exécution manque de rigueur et de cohérence. Entre des scènes mal pensées – comme l’infiltration sans effort d’une "forteresse" qui n’en a que le nom – et des personnages sous-exploités, le film reste en deçà de son potentiel.
Ce n’est pas un échec total : quelques scènes d’action sortent du lot, et la réalisation visuelle est irréprochable. Mais le manque de tension et l’absence d’une véritable réflexion morale empêchent Triple Frontière de s’élever au rang des thrillers marquants. À voir pour ses paysages et son casting, mais sans en attendre plus qu’un divertissement oubliable.
Sylvain Léon
Le 15 décembre 2024
Une appréciation personnelle de 11/20, pour le casting.
Les avis de Zap & Mat
Zap & Mat n'ont vraiment pas l'air d'accord !
Zap, Mat, que se passe t il ?

Zap : "Une montagne qui accouche d’une souris en pleine jungle."
Triple Frontière ? Une déception monumentale. Tu prends un casting de rêve, tu ajoutes une promesse d’action et de dilemmes moraux, et tu nous sers… une balade de scouts mal préparés. Sérieusement, Ben Affleck est censé être ce leader fatigué par la vie, mais il ressemble plus à un père frustré qui n’a pas trouvé ses clés de voiture. Les thèmes sont survolés : la désillusion post-militaire ? À peine effleurée. La cupidité et ses conséquences ? Juste un prétexte pour un hélico qui s’écrase. Et ces "tensions internes" entre les personnages ? C’est réglé en deux phrases, comme un mauvais épisode de télé-réalité. Franchement, c’est le potentiel gâché qui me reste en travers de la gorge.
Mat : "Un film qui mérite qu’on creuse un peu plus."
Arrête ton cirque, Zap. Triple Frontière, ce n’est pas juste de l’action, c’est un drame humain qui se déroule sous la surface. Oui, c’est imparfait, mais la relation entre Redfly et sa soif d’argent illustre bien le désespoir d’un ancien soldat face à une société qui l’a oublié. L’argent comme poison du groupe, ça fonctionne : chaque décision les rapproche un peu plus de la chute. Et la scène de l’hélicoptère ? Une métaphore brillante pour la fragilité de leurs ambitions. Alors oui, ça manque parfois de profondeur, mais ce n’est pas un simple film d’action, c’est une réflexion sur l’érosion morale sous pression.
La notoriété
Netflix a dépensé 115 millions de dollars pour Triple Frontière pour seulement 52 millions de visionnages
La notoriété internationale de Triple Frontière est notable, mais elle reste mitigée, marquée par son statut de production Netflix et un accueil critique divisé.
IMDB 6.5/10 | ALLOCINE 3.1/5 |
METACRITIC 6.8/10 METASCORE de 61/100 | SENSCRITIQUE 5.9/10 |
ROTTEN TOMATOES 3.4/5 57% d'avis positifs | CINETRAFIC 3.1/5 |
Résultat au box office
Budget : 115 M$
Recette : ? M$
Rentabilité : ? %
Présent dans une FLOP Liste

Flop commercial Netflix 2020
Dans la FLOP Liste des Thrillers d'action de l'année 2020
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