LE CERCLE DES POETES DISPARUS
- Sly L.

- 30 avr. 2020
- 7 min de lecture
Pourquoi ce film émeut il toujours, même quand on en connaît chaque scène ?
Le film célèbre-t-il l’émancipation ou en montre t-il surtout les limites ?
Les réponses dans la chronique..
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LE CERCLE DES POETES DISPARUS
Un film de Peter Weir
Année : 1989
Titre original : Dead Poets Society
En salle le : 17 janvier 1990
Durée : 2h 08min / 128min
Genre(s) : Drame, Comédie dramatique
Scénario : Tom Schulman
Nationalité(s) : Américain
Distributeur : TF1 France
Productions : Touchstone Pictures, A Steven Haft Production, Silver Screen Partners IV, Witt/Thomas Productions
Récompense(s) : 20 prix, 19 nominations
Tous publics
Thématique et/ou sujets abordés | Les émotions |
Le courage, La liberté de pensée, Le conformisme et la pression sociale, La transmission et la responsabilité de l’enseignant, L’émancipation et ses limites, La jeunesse et le temps qui passe | L’émerveillement, La mélancolie, La révolte silencieuse, La tristesse et l’injustice, L’émotion cathartique |
Retrouvez les stars : Robin Williams, Ethan Hawke, Robert Sean Leonard, Josh Charles
Le synopsis :
Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.
C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis...
Pour voir ou revoir
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La bande annonce
La chronique de Sly

Le Cercle des poètes disparus, de Peter Weir - 1989
Carpe Diem : l’héritage intemporel du Cercle des poètes disparus
Il y a des films que l’on découvre adolescent et qui laissent une trace durable, presque intime. Le Cercle des poètes disparus fait partie de ceux-là. Plus qu’un simple film scolaire, l’œuvre de Peter Weir s’impose comme une réflexion douce-amère sur la liberté de pensée, la transmission et le prix à payer lorsqu’on ose regarder le monde autrement.
Dès son ouverture, le film installe un cadre rigide, presque étouffant. L’académie de Welton, avec ses traditions, ses règles et son obsession de l’excellence, symbolise un système où l’individu doit s’effacer au profit du moule. C’est dans cet univers figé que débarque John Keating, professeur de littérature aux méthodes peu orthodoxes. Un grain de sable dans une mécanique trop bien huilée.
Robin Williams livre ici l’une de ses performances les plus marquantes. Il abandonne les excès de son registre comique pour incarner un personnage profondément humain, chaleureux, habité par une conviction sincère : la poésie n’est pas un exercice académique, mais un moyen d’apprendre à vivre. Keating n’impose jamais ses idées, il les suggère, les murmure, laissant à ses élèves la liberté de se les approprier. Un rôle d’une grande justesse, porté par une retenue et une douceur qui rendent chaque scène mémorable.
Certaines d’entre elles sont devenues cultes, non pas par leur spectaculaire, mais par leur puissance symbolique. Le célèbre Carpe Diem, murmuré devant les photos des anciens élèves, rappelle avec une simplicité désarmante la brièveté de la jeunesse. La scène des bureaux, où Keating invite ses élèves à changer de point de vue, condense à elle seule le propos du film. Et comment ne pas évoquer la renaissance du Cercle, ces réunions nocturnes où la poésie devient un acte de résistance, un refuge face à la pression sociale ?
Le film doit aussi énormément à son jeune casting, d’une sincérité remarquable. Ethan Hawke, alors quasi inconnu, bouleverse dans le rôle de Todd Anderson, adolescent introverti dont l’émancipation se fait à petits pas. Sa scène d’improvisation poétique reste l’un des moments les plus touchants du film. Robert Sean Leonard, dans le rôle de Neil Perry, incarne avec une intensité tragique le conflit entre les aspirations personnelles et l’autorité parentale. Autour d’eux, les autres élèves apportent une crédibilité et une cohésion essentielles à l’ensemble, annonçant pour certains de belles carrières à venir.
Sans jamais tomber dans le mélodrame appuyé, Le Cercle des poètes disparus aborde des thèmes universels : le conformisme, la peur de décevoir, le courage d’être soi, mais aussi la responsabilité de ceux qui transmettent. Peter Weir filme tout cela avec une élégance discrète, préférant les silences aux grands discours, laissant les émotions s’installer naturellement.
La scène finale, devenue emblématique, résume parfaitement l’esprit du film. Un hommage simple, poignant, à celui qui a appris à ses élèves non pas quoi penser, mais comment penser. Un moment suspendu, qui continue d’émouvoir sans jamais perdre de sa force.
Plus de trente ans après sa sortie, Le Cercle des poètes disparus n’a rien perdu de sa puissance. Il rappelle que l’éducation n’est pas qu’une affaire de règles et de résultats, mais bien de regards, d’écoute et de liberté.
C'est un film profondément humaniste, qui ne cherche pas à donner des réponses, mais qui invite chacun à se poser les bonnes questions.
Un classique intemporel, à (re)voir, et surtout à ressentir.
Sylvain Léon
Le 01 mai 2020
Une appréciation personnelle de 18/20, impossible de s'en lasser ! un classique !
Et si on demandait les avis de Mat et de Zap ?
Est-ce que vous souhaitez vous exprimer sur le classique de Peter Weir,
Le cercle des poètes disparus ?
Zap & Mat
Mat : Il y a des films qui prennent leur temps, qui installent une atmosphère, qui laissent respirer les émotions. Le Cercle des poètes disparus fait partie de ceux-là. Peter Weir filme l’académie de "Welton" comme une prison feutrée, où chaque règle étouffe un peu plus l’individu. Et puis surgit John Keating, professeur libre, atypique, porteur d’un souffle nouveau.
Zap : Un souffle nouveau, oui… ou un courant d’air idéologique dans une école déjà prête à imploser. Parce qu’introduire “Carpe Diem” dans un système rigide sans prévoir les dégâts, c’est un peu comme lâcher un allumette dans une bibliothèque en bois.
Mat : Robin Williams est le cœur battant du film. Son interprétation de Keating n’est pas un professeur, c’est un passeur. Il traverse la salle de classe comme on traverse une vie, en laissant derrière lui des traces invisibles mais durables. Quand il murmure Carpe Diem, j’entends moins un slogan qu’un appel silencieux : celui de vivre avant que le temps ne referme la porte.
Zap : D’accord. Mais reconnaissons le : Keating est aussi le prof le plus romantisé de l’histoire du cinéma. Brillant, charismatique, borderline irresponsable parfois. Un prof qu’on adore sur pellicule… et qu’aucun conseil pédagogique ne laisserait approcher d’une salle de classe aujourd’hui.
Mat : Le film regorge de scènes cultes. Le Carpe Diem face aux portraits des anciens élèves, la montée sur les bureaux pour changer de perspective, les réunions secrètes du Cercle où la poésie devient un refuge. Et bien sûr, ce final devenu mythique, d’une sobriété bouleversante.
Zap : Iconiques, oui. Subtiles ? Pas toujours. À force d’être citées, détournées, imprimées sur des mugs et des posters de motivation, certaines scènes ont perdu un peu de leur force initiale. Reste que le final, malgré tout, continue de faire son effet… même sur les plus cyniques. Malheureusement.
Mat : Le jeune casting est l’un des grands atouts du film. Ethan Hawke, fragile et introverti, est bouleversant dans son cheminement. Robert Sean Leonard incarne avec intensité le tiraillement entre passion et autorité parentale. On sent déjà, chez eux, une maturité rare.
Zap : Et c’est précisément là que le film devient vraiment intéressant. Quand il arrête de nous vendre de la poésie et nous rappelle une vérité plus dure : suivre ses rêves ne suffit pas toujours. Parfois, le système gagne. Et parfois, personne n’est vraiment coupable… ce qui est bien plus dérangeant.
Mat : Peter Weir évite le piège du mélodrame excessif. Sa mise en scène est élégante, discrète, laissant les silences parler. Le film pose des questions essentielles sur la transmission, la responsabilité et les limites de l’influence d’un enseignant.
Zap : Et heureusement. Parce que le film serait insupportable s’il prétendait donner des réponses. Il se contente de poser le problème, puis de nous laisser avec. Ce qui, ironiquement, est sans doute la chose la plus honnête qu’il fait.
Le Verdict de Zap & Mat
Mat : C'est un film touchant, pertinent, qui continuera d’émouvoir les générations futures pour sa sincérité et son regard sur la jeunesse.
Zap : Un film parfois idéalisé, souvent sacralisé, mais plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière les citations inspirantes et les envolées lyriques, Le Cercle des poètes disparus parle surtout d’un monde qui ne change pas aussi facilement qu’on le voudrait. Et c’est précisément pour ça qu’il mérite encore d’être vu… et débattu.
La notoriété
Le Cercle des poètes disparus est sorti le 17 janvier 1990 et a cumulé 6 598 785 entrées en France.
Un culte mondial
Le Cercle des poètes disparus bénéficie d’une notoriété internationale exceptionnelle, qui dépasse largement son succès initial en salles.
Sorti en 1989, le film a rapidement trouvé un écho bien au-delà des États-Unis, notamment en Europe, où son discours sur la liberté de pensée, l’éducation et l’émancipation individuelle a touché un public très large. Il est devenu un film de référence dans de nombreux pays, souvent étudié dans les établissements scolaires et universitaires, ce qui a contribué à ancrer durablement son héritage culturel.
Sa popularité repose aussi sur des scènes et répliques universellement reconnues, comme le Carpe Diem ou le « Ô Capitaine, mon Capitaine », qui ont traversé les langues et les générations. Ces moments ont été repris, cités, parodiés et détournés dans de multiples cultures, preuve de leur impact mondial.
Enfin, la performance de Robin Williams, unanimement saluée à l’international, a renforcé la portée du film, en faisant de John Keating une figure emblématique de l’enseignant inspirant à l’échelle mondiale. Aujourd’hui encore, Le Cercle des poètes disparus est régulièrement redécouvert, projeté, débattu et célébré, confirmant son statut de classique universel du cinéma humaniste.
IMDB 8.1/10 | ALLOCINE 4.3/5 |
METACRITIC 8.3/10 METASCORE 79/100 | SENSCRITIQUE 7.5/10 |
ROTTEN TOMATOES 4.3/5 85% d'avis positifs | CINETRAFIC 3.9/5 |
Résultat au box office :
Budget : 16 M$
Recette : 235 M$
Rentabilité : 1 438 %
Laissez-vous tenter et revenez nous donner votre ressenti juste en dessous ;).
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