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LE CIEL ATTENDRA

  • Photo du rédacteur: Sly L.
    Sly L.
  • 10 nov. 2022
  • 6 min de lecture


Peut-on aborder un sujet aussi complexe et sensible que la radicalisation sans tomber dans le discours simpliste ou le choc facile ? Avec Le Ciel attendra, le cinéma français choisit une voie plus discrète, plus humaine, et peut-être plus dérangeante encore. Dans cette chronique, notre rédacteur, Sly, s’arrêtent sur un film qui préfère comprendre plutôt que juger, et qui rappelle que derrière les discours se cachent toujours des trajectoires profondément humaines.


Nos deux compères, Zap & Mat apporteront leur réflexion en toute fin de chronique !


Deux questions au cœur de la chronique :

  • Peut-on traiter la radicalisation au cinéma sans sensationnalisme ?

  • La radicalisation touche-t-elle uniquement certains milieux, ou peut-elle concerner n’importe qui ?


Retrouvez la réponse de la chronique de Sly .


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Affiche du film, Le Ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar - 2016

LE CIEL ATTENDRA

Un film de Marie-Castille Mention-Schaar


  • Année : 2016

  • Titre original : Les petites victoires

  • Sorti en salle : 05 octobre 2016

  • Durée : 1h 45min / 105min

  • Genre(s) : Drame

  • Scénario : Marie-Castille Mention-Schaar, Émilie Frèche

  • Nationalité(s) : Français

  • Distributeur : UGC

  • Productions : Willow FIlms, Union Générale Cinématographique, France 2 Cinéma, France Télévisions, Canal+

  • Récompense(s) : 7 nominations


Tous publics


Thématique et sujets abordés

Les émotions

La radicalisation des jeunes, La quête de sens et d’identité, La manipulation psychologique, La fragilité adolescente, La famille et l’impuissance des proches, La prévention et l’accompagnement, Les idées reçues

Empathie, Inquiétude sourde, Malaise, Tristesse, Lucidité



Retrouvez les stars : Noémie Merlant, Naomi Amarger, Sandrine Bonnaire


Le synopsis :

Sonia, 17 ans, a failli commettre l'irréparable pour "garantir" à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l'école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d'un "prince" sur internet. Elles pourraient s'appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l'embrigadement… Pourraient-elles en revenir ?



Pour voir ou revoir



La bande annonce



La chronique de Sly

Le Ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar - 2016

Le Ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar - 2016



Quand le cinéma éclaire sans frapper.


Il y a des films qui ne cherchent ni l’effet coup de poing ni le spectaculaire, et qui pourtant laissent une empreinte durable. Le Ciel attendra fait partie de ceux-là. À première vue, le sujet pourrait faire craindre un film austère, didactique ou pesant. Et pourtant, dès les premières minutes, Marie-Castille Mention-Schaar impose une évidence : ici, le cinéma ne juge pas, il observe, il écoute, il tente de comprendre.


Ce qui frappe immédiatement, c’est la retenue de la mise en scène. Pas de musique appuyée, pas de montage hystérique, pas de scènes choc destinées à provoquer une réaction immédiate. Tout est sobre, presque effacé, comme si la réalisatrice laissait volontairement la place aux visages, aux silences, aux mots qui s’installent lentement. Cette discrétion formelle donne au film une puissance insidieuse : on n’est jamais pris de force, mais on est progressivement happé.


Le film suit le parcours de jeunes adolescentes, et c’est sans doute là sa plus grande réussite. Le Ciel attendra démonte avec une précision remarquable bon nombre d’idées reçues sur la radicalisation. Non, elle ne concerne pas uniquement des profils stéréotypés ou des milieux bien définis. Le film montre, sans jamais l’énoncer frontalement, que le basculement peut toucher n’importe qui dès lors qu’il existe une faille, une solitude, une quête de sens ou de reconnaissance. Ce regard-là est précieux, car il refuse la facilité et le raccourci.


Les personnages sont traités avec un respect rare. Personne n’est réduit à une fonction ou à un discours. Les jeunes filles sont crédibles, nuancées, profondément humaines. Leurs trajectoires ne sont jamais spectaculaires, mais justement banales, et c’est ce qui rend le propos si dérangeant. On comprend alors que l’embrigadement ne passe pas par la violence immédiate, mais par les mots, les promesses, les discours simplifiés qui rassurent autant qu’ils enferment.


Le film prend aussi le temps de montrer l’accompagnement, l’écoute, le travail patient de celles et ceux qui tentent de comprendre et de réparer. Là encore, sans héroïsation excessive ni posture morale. Le Ciel attendra n’explique pas pour excuser, il éclaire pour prévenir. Et cette nuance est essentielle.


Impossible, en tant que cinéphile, de ne pas penser à Les Cowboys de Thomas Bidegain. Les deux films parlent du même sujet, mais avec des angles radicalement différents. Les Cowboys était un film de douleur, de perte, presque une tragédie moderne, sec et déchirant.

Le Ciel attendra, lui, se situe en amont. Là où l’un montrait les conséquences irréversibles, l’autre s’attarde sur les mécanismes, les glissements progressifs, les zones grises. Deux regards complémentaires, deux œuvres nécessaires, mais avec des sensibilités très distinctes. Si Les Cowboys frappait au cœur, Le Ciel attendra touche à l’esprit et à la conscience.


Ce n’est peut-être pas un film que l’on regarde pour le “plaisir” au sens classique du terme, mais c’est un film profondément important. Un de ceux qui rappellent que le cinéma peut être un outil de compréhension du monde, sans jamais renoncer à l’émotion. Le Ciel attendra mérite d’être découvert, surtout par les cinéphiles curieux, attentifs aux films qui préfèrent la complexité à la simplification, l’humain au sensationnel.


Un film discret, intelligent, nécessaire… et une œuvre qui a toute sa place dans La vidéothèque du cinéphile



Sylvain Léon

Le 10 Novembre 2022

Une appréciation personnelle de 15/20, un sujet de tous les jours.




Et si on demandait les avis de Mat et de Zap ?

Zap & Mat ont vu Le ciel attendra.


Zap & Mat – Discussion autour de Le Ciel attendra


Zap : Bon… clairement, Le Ciel attendra, ce n’est pas le film que tu lances un dimanche soir en te disant “allez, détente”.

Mat : Ah non, on est d’accord. Ce n’est pas un film pop-corn. Pas parce qu’il est violent, mais parce qu’il te demande d’être attentif. Présent.

Zap : Exactement. Il ne te prend pas par la main, il ne te secoue pas non plus. Il te regarde et te dit : “Voilà, c’est ça. À toi de voir.”

Mat : Et c’est presque plus déstabilisant que les films qui appuient là où ça fait mal. Là, tout est calme, posé… et du coup, ça rentre doucement mais sûrement.

Zap : C’est le genre de film où tu te dis après coup : “Ok, j’ai peut-être pas vibré comme devant un thriller, mais j’ai compris des choses.”

Mat : Oui, et surtout, tu comprends que le sujet dépasse largement les clichés. On n’est pas dans le jugement, ni dans le raccourci facile.

Zap : Par contre, il faut être honnête : si quelqu’un le regarde en s’attendant à une intrigue nerveuse ou à un grand spectacle, il va passer à côté.

Mat : C’est un film à regarder en étant averti, en sachant que le propos est sérieux, presque pédagogique… mais jamais froid.

Zap : Voilà. Ce n’est pas un divertissement lambda, mais c’est un film utile. Et parfois, c’est tout aussi important.

Mat : Un film qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais à éclairer. Et rien que pour ça, il mérite qu’on s’y arrête.





La notoriété


Le Ciel attendra est sorti le 05 octobre 2016 et a cumulé 327 746 entrées France.


Le Ciel attendra n’est pas un film grand public au sens commercial, mais il a bénéficié d’une vraie visibilité à sa sortie en 2016. Soutenu par la presse et largement commenté pour son sujet sensible, il s’est imposé comme un film de référence sur la radicalisation, notamment dans les milieux éducatifs et culturels.

Il a aussi été reconnu par la profession, avec des nominations aux Lumières et aux César pour ses jeunes actrices, ce qui a contribué à asseoir sa crédibilité. Sans être un film culte ou un succès massif en salles, il a su marquer les esprits et reste aujourd’hui cité comme une œuvre sérieuse, utile et toujours pertinente sur le plan sociétal.


IMDB

6.9/10

ALLOCINE

3.8/5 

METACRITIC

../10

METASCORE ../100

SENSCRITIQUE

6.2/10

ROTTEN TOMATOES

3.9/5

82% d'avis positifs

CINETRAFIC

 3.1/5

Résultat au box office :

Budget : 3,9 M€

Recette : 1,9 M$

Rentabilité : 50%


Ce film n'est dans aucun TOP ni FLOP



​Laissez-vous tenter et revenez nous donner votre ressenti juste en dessous ;).

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