K.O.
- Sly L.

- 7 déc. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 déc. 2025
Pourquoi tant de sévérité envers le cinéma français ?
Ou comment un film d’action efficace devient injustement la cible d’attentes impossibles.
Il y a un phénomène étrange — presque sociologique — chez une partie des cinéphiles français : une insatisfaction quasi automatique dès qu’un film d’action “made in France” pointe le bout de son nez.
Un film américain du même calibre ?
“Sympa pour une soirée pop-corn.”
Un film français équivalent ?
“Mou, prévisible, pas assez ambitieux.”
Pourtant, quand on sait où on met les pieds ou plutôt les yeux ^^, pourquoi s’acharner à demander autre chose que ce que le film promet clairement ? Un film d’action reste un film d’action.
S’il est propre, rythmé, bien chorégraphié, porté par un casting crédible… pourquoi serait-ce un échec, parce que français ?
Je tente de répondre à cette question dans ma chronique en vous parlant du film d'Antoine Blossier en étant le plus objectif possible.
Retrouvez la chronique tranchante de Sly .
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K.O.
Un film d'Antoine Blossier
Année : 2025
Titre original : K.O.
Sorti en salle : 6 Juin 2025
Durée : 1h 26min / 86min
Genre(s) : Action, Drame, Thriller
Scénario : Guillaume Lemans, Louis Aubert, Clément Marchand
Nationalité(s) : Français
Distributeur : Netflix
Productions : Empreinte Digitale, Yvette Production, Artémis Productions, FBC Production
Récompense(s) : /
Tous publics
Thématique et sujets abordés | Les émotions |
Enfer et rédemption, Vengeance, Course contre le temps, Trafic de drogue | Tension, Suspense, Méfiance, Frustration |
Retrouvez les stars : Ciryl Gane, Alice Belaïdi, Foued Nabba, Maleaume Paquin, Ibrahima Keita Stunt
Le synopsis :
Bastien vit reclus depuis qu'il a tué accidentellement son adversaire Enzo, 3 ans plus tôt, durant un combat de MMA. La veuve d'Enzo le retrouve et vient lui demander de l’aide. Bastien est son seul espoir de secourir Léo, son fils adolescent qui a disparu dans les quartiers Nord de Marseille. Bastien part alors à sa recherche. Sur son chemin, il croise Kenza, jeune flic prête à tout pour faire tomber les nouveaux barons de la cité phocéenne. Léo est en grand danger, il faut faire vite.
Pour voir ou revoir
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La chronique de Sly

K.O., d'Antoine Blossier - 2025
Un film qui fait ce qu’il doit faire — et qui le fait bien !
K.O. est exactement le genre de film qui assume ce qu’il est : un pur divertissement d’action, nerveux, réaliste et resserré, à mille lieues de vouloir se prendre pour un drame existentiel ou un thriller métaphysique. Antoine Blossier ne promet pas ce qu’il ne peut pas tenir ; au contraire, il livre un film carré, direct, qui rappelle — à l’échelle française — l’efficacité de titres comme The Raid, Man on Fire, Safe House ou encore Taken. Pas plus. Mais surtout : pas moins.
Et c’est précisément ce qui fait sa force.
La véritable surprise vient de Ciryl Gane.
Pour une première tête d’affiche, il impose une présence physique qui change immédiatement la texture du film. Il comprend intimement la mécanique corporelle d’un affrontement. Cela donne aux chorégraphies préparées, cadrées, répétées et exécutées avec des cascadeurs aguerris, une fluidité et une lisibilité rarement atteintes dans les films d’action français.
Ici, on n’est pas dans la surenchère numérique ni dans la gestuelle trop théâtrale. La mise en scène prend le temps de montrer les impacts, les déplacements, la fatigue, la respiration. Le travail des coordinateurs de cascades se voit, mais à travers l’authenticité du mouvement plutôt qu’à travers des artifices.
Résultat : chaque échange de coups devient un spectacle visuel à part entière, un moment où l’on sent la chorégraphie sans la deviner, où l’on admire la technique sans perdre l’illusion de la violence. Le film réussit là où beaucoup échouent : faire de l’action une véritable mise en scène, pas juste un bruitage de fond.
En face, Alice Belaïdi apporte un contraste bienvenu. Elle injecte ce qu’il faut de fragilité, de tension émotionnelle et d’humanité pour équilibrer la brutalité du récit. Vue dans Hippocrate, Un p’tit truc en plus, Sous les jupes des filles ou Irréductible, elle prouve une fois de plus sa capacité à s’adapter à des registres très différents. L’alchimie entre les deux fonctionne étonnamment bien : la force brute de Gane et la nervosité sensible de Belaïdi créent un duo inattendu et redoutablement efficace.
Alors pourquoi certains spectateurs bavent leurs déception ? Et surtout, pourquoi avoir choisi de visionner ce film ?
Je vous mets quelques exemples de critique que j'ai pu lire :
Commentaires peut-être, volontairement absurdes !
1) “J’ai arrêté au bout de 12 minutes : il n’y avait pas de générique dessiné à la main. Très déçu.”
2) “Ciryl Gane est trop musclé. J’aime les héros crédibles, comme Tom Cruise qui grimpe un immeuble à main nue.”
3) “Les coups ne sont pas réalistes. J’ai déjà reçu une claque dans ma vie, je sais comment ça marche.”
4) “Trop d’action, pas assez de dialogues sur le divorce et la vie.”
La personne qui s’est trompée de salle mais refuse de l’admettre.
5) “Je n’aime pas la photo. On voit trop ce qui se passe. Dans John Wick, c’est plus sombre : plus profond.”
6) “Le film est moyen car j’avais vraiment envie d’un film de science-fiction. 3/10.”
7) “Alice Belaïdi joue bien, mais elle n’est pas mon actrice préférée, alors je sanctionne.”
8) “Le film veut juste divertir. Moi je veux souffrir devant un film.”
Alors pourquoi ?
Peut-être parce que, dès qu’il s’agit d’un film français, beaucoup se mettent à espérer une révolution du genre. Comme si K.O. était censé rivaliser avec les budgets d’un Nolan, la radicalité d’un Villeneuve, les chorégraphies d’un Gareth Evans ou les déflagrations d’un Michael Bay.
On demande soudain à un film français d' 1h30 de bousculer les règles, de surprendre plus qu'il ne peut, plus que ce qu'il doit ?!
Un film américain équivalent serait salué comme un “film popcorn fun” parfaitement honorable ; dès qu’il est français, il devient “trop sage”, “pas assez ambitieux” ou “pas assez spectaculaire”.
C’est un paradoxe récurrent : le cinéma d’action français doit être irréprochable pour être simplement considéré.
Et pourtant, K.O. fait mieux que beaucoup d’œuvres plus coûteuses et plus tapageuses. Il avance droit, sans triche, sans esbroufe, avec un divertissement honnête qui mérite d’être saluée.
À mes yeux, c’est un bon 7/10 : solide, efficace, totalement cohérent avec ses ambitions. Le genre de film qu’on souhaite voir depuis des années et qui commence à être de plus en plus solide, avec des thématiques plus ou moins complexes si on fait le bilan des dix dernières années… et malheureusement, on s’empresse parfois de les dénigrer dès qu’ils sortent.
Dans un paysage saturé de blockbusters mondiaux qui confondent souvent surenchère visuelle et spectacle authentique, voir un film français simple, lisible, intense et sincère a quelque chose de rafraîchissant. K.O. ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit ; il cherche à offrir 90 minutes d’action pure, d’énergie brute et de plaisir immédiat. Et il le fait très bien.
Pour résumer...
Alors oui, K.O. mérite d’être vu et soutenu.
Parce qu’il prouve, à sa manière, que le cinéma d’action français peut exister… à condition de le juger pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il n’a jamais prétendu devenir.
K.O. n’essaie jamais d’être plus que ce qu’il est : un vrai film d’action français, sec, nerveux, incarné. Et franchement, ça fait du bien. Ciryl Gane y livre une présence brute, Alice Belaïdi apporte le cœur, et Antoine Blossier rappelle que l’efficacité n’a pas besoin de grandiloquence. Un film qui cogne juste — et qui ne mérite certainement pas la sévérité de certains spectateurs.
Sylvain Léon
Le 7 décembre 2025
Une appréciation personnelle de 14/20, de l'action et un rythme parfait. !
Et si on demandait les avis de Mat et de Zap ?
Zap & Mat ne sont pas d'accord !
Zap : Mat, t’as vu K.O. ? Ce combat final… wow ! L’ancien champion, il envoie des mandales comme si la gravité avait démissionné !
Mat : Oui, enfin, deux heures de muscles qui se cognent, c’est un peu monotone. Où est la dimension spirituelle ?
Zap : Ben, dans la sueur ! Chaque goutte raconte un combat intérieur, un chemin vers la vérité du poing.
Mat : La vérité du poing… joli slogan pour une salle de boxe, moins pour un film.
Zap : Hé, faut savoir méditer dans le chaos, maître Mat. Moi, j’appelle ça du zen en mouvement.
Mat : Et moi, j’appelle ça un mal de tête sonorisé.
La notoriété
K.O. est sorti le 06 juin 2025 sur la plateforme Netflix France
Un échec critique & commercial
Contrairement aux gros succès du genre, K.O. n’a pas bénéficié :
ni d’un budget promo colossale,
ni d’une exposition médiatique continue,
ni d’un relais massif sur les plateformes.
Sa notoriété repose essentiellement sur :
le nom de Ciryl Gane, connu dans le milieu sportif (MMA, UFC),
le bouche-à-oreille,
et l’intérêt des cinéphiles toujours à la recherche d’action “à la française”.
C’est un film qui existe, mais qui doit gagner sa place, pas un projet déjà attendu avant sa sortie.
IMDB 5.8/10 | ALLOCINE 2.6/5 |
METACRITIC 5.8/10 METASCORE ../100 | SENSCRITIQUE 4.9/10 |
ROTTEN TOMATOES ../5 ..% d'avis positifs | CINETRAFIC ../5 |
Résultat au box office :
Budget : .. M€
Recette : .. M$
Rentabilité : ..%
Laissez-vous tenter et revenez nous donner votre ressenti juste en dessous ;).
Ce film figure dans plusieurs Flop !

Flop commercial
Flop critique






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